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le Mercredi 11 mars 2026 10:27 Économie et finances

Pour avoir pignon sur rue, la SÉO s’installe à la PdA, en plein centre-ville

Catherine B. Bachand, présidente de la SÉO. — Photos : Mehdi Mehenni
Catherine B. Bachand, présidente de la SÉO.
Photos : Mehdi Mehenni

La communauté francophone et les acteurs du développement économique du Nord de l’Ontario se sont réunis le jeudi 5 mars, à la Place des Arts du Grand Sudbury (PdA), pour souligner l’ouverture officielle des nouveaux bureaux de la Société économique de l’Ontario (SÉO).

Pour avoir pignon sur rue, la SÉO s’installe à la PdA, en plein centre-ville
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La SÉO, qui partageait les bureaux du Centre de santé communautaire du Grand Sudbury (CSCGS), s’installe désormais dans l’espace qu’occupait la Librairie Panache, fermée durant l’été 2025. 

En ouvrant la soirée, la présidente du conseil d’administration de la SÉO, Cathy Modesto, a souhaité la bienvenue aux nombreux invités réunis dans l’édifice culturel phare du centre-ville de Sudbury, entre élus, représentants d’organismes communautaires, de Conseils scolaires, ainsi que d’institutions économiques et culturelles du Nord de l’Ontario. C’était le temps d’un 5 à 7, un cocktail dînatoire. 

En se présentant comme une fière citoyenne de la ville, elle a souligné l’importance de recevoir ses collègues du CA dans une communauté qu’elle considère comme «un véritable moteur régional». La veille de l’événement, plusieurs membres du conseil d’administration avaient d’ailleurs pris part à une visite de différents lieux emblématiques de la ville, notamment Terre Dynamique, le quartier du Moulin à Fleur, ainsi que des institutions d’enseignement postsecondaire comme L’université de Sudbury et le Collège Boréal.

Un choix stratégique

Selon elle, ces visites ont permis aux membres du CA de constater «à quel point Sudbury est une communauté dynamique, caractérisée par sa capacité de transformation et son esprit collectif».

«Ce n’est pas simplement un changement d’adresse», a-t-elle affirmé. «C’est un choix stratégique. Le choix d’être au cœur d’un carrefour culturel et économique, de travailler encore plus étroitement avec nos partenaires et d’ancrer notre action là où l’élan communautaire est bien réel.»

Pour la présidente, l’installation de la SÉO à la Place des Arts représente également une façon de continuer à bâtir l’avenir économique des communautés francophones de l’Ontario dans un esprit de collaboration.

Elle a aussi tenu à saluer le leadership de la directrice générale Catherine B. Bachand, entrée en fonction en mai 2025, soulignant que «l’organisation avance désormais avec confiance grâce à une vision claire et une volonté d’accroître son impact».

Catherine B. Bachand, directrice générale de la SÉO.

Allier économie et culture

Prenant la parole à son tour, Catherine B. Bachand a rappelé que la SÉO possède déjà des bureaux à Ottawa et à Toronto, mais que l’ouverture d’un espace qui a pignon sur rue à Sudbury, en plein centre-ville, marque le début d’un nouveau chapitre pour l’organisation.

Pour elle, il existe une dimension particulièrement symbolique dans le fait d’installer les bureaux de la SÉO à la Place des Arts.

À première vue, a-t-elle expliqué, l’alliance entre une organisation de développement économique et un centre culturel peut sembler improbable. Pourtant, cette association repose sur une idée fondamentale : l’économie et la culture sont intimement liées.

Au fil de ses nombreuses rencontres depuis sa nomination à la tête de l’organisme en mai 2025, Catherine B. Bachand constate que les questions qui lui sont soulevées portent souvent sur des secteurs économiques stratégiques, comme les minéraux critiques, l’intelligence artificielle, l’industrie de la défense ou encore la souveraineté des chaînes d’approvisionnement.

La réponse de la SÉO est simple, dit-elle : soutenir les entreprises, peu importe leur secteur d’activité.

«Bâtir des communautés où il fait bon vivre»

L’organisme accompagne les entrepreneurs dans plusieurs domaines clés, notamment l’accès à la main-d’œuvre qualifiée, la croissance des entreprises, le démarrage et l’innovation.

Mais la directrice générale a également partagé une réflexion inspirée d’une anecdote historique attribuée à Winston Churchill. Durant la Seconde Guerre mondiale, alors que certains proposaient de réduire les budgets consacrés aux arts pour financer l’effort militaire, Churchill aurait répondu : «Alors, pourquoi nous battons-nous?»

Pour Catherine B. Bachand, cette réponse résume une vérité fondamentale : l’économie n’est jamais une fin en soi.

«Nous créons des entreprises, nous développons des industries et nous générons de la richesse, mais au fond, pourquoi faisons-nous tout cela ? Pour bâtir des communautés où il fait bon vivre.»

«Nous n’ouvrons pas seulement des bureaux», a-t-elle expliqué. «Nous ouvrons des passerelles.»

Sudbury occupe selon elle une position stratégique dans le Nord de l’Ontario. «La ville agit comme un carrefour entre les différentes régions du Nord, reliant les communautés du Nord-Est et du Nord-Ouest.»

La SÉO travaille déjà avec des entreprises situées dans plusieurs villes, dont Kapuskasing, Timmins, Hearst, Sault Ste. Marie, Kenora et Thunder Bay.

Denis Bertrand, directeur général de PdA.

Un besoin croissant de main-d’œuvre dans le Nord

L’importance de cette mission s’illustre notamment par les initiatives récentes de l’organisme en matière de recrutement international.

La SÉO revient tout juste d’une mission menée à Tunis et à Paris afin de soutenir des entreprises ontariennes à la recherche de talents.

Sur les 28 entreprises représentées lors de cette mission, 27 provenaient du Nord de l’Ontario, un signe clair selon Mme Bachand des besoins pressants en main-d’œuvre dans la région.

Ces démarches ont permis de recueillir plus de 1 500 candidatures de travailleurs qualifiés intéressés à s’établir dans le Nord, affirme-t-elle. 

Du côté de la Place des Arts, l’arrivée de la SÉO est également perçue comme une occasion d’accroître l’activité et la visibilité de la PdA.

Son directeur général, Denis Bertrand, rappelle que l’institution n’est pas seulement un lieu de diffusion artistique. «Elle joue aussi un rôle clé dans la revitalisation du centre-ville de Sudbury.»

Selon lui, chaque année, plus de 50 000 personnes franchissent les portes de l’édifice. Contrairement à certaines perceptions, insiste-t-il, «la majorité de ces visiteurs proviennent de communautés diverses. Environ 60 % du public est anglophone ou issu d’autres communautés culturelles, ce qui correspond à la vision des fondateurs : créer un lieu ouvert à l’ensemble de la population».

Dynamiser la Place des arts 

La Place des Arts fonctionne également selon un modèle entrepreneurial. L’institution doit générer une grande partie de ses revenus par la location de ses espaces, notamment la grande salle de spectacle de 300 places, le studio Desjardins et divers espaces événementiels.

«Le nombre de locations est d’ailleurs passé de 849 à 898 en une seule année, signe d’une activité en pleine croissance», ajoute Denis Bertrand 

Selon Denis Bertrand, l’impact économique annuel de la Place des Arts au centre-ville de Sudbury dépasse les 15 millions $.

Pour Denis Bertrand, l’installation de la SÉO dans l’édifice s’inscrit parfaitement dans cette logique.

«La Place des Arts est gérée comme une petite entreprise culturelle », a-t-il expliqué. «Avoir des partenaires économiques qui sont eux aussi en affaires, c’est une démarche tout à fait naturelle.»

Il estime que la présence de l’organisme contribuera à dynamiser l’édifice et à multiplier les occasions de collaboration.

Paul Lefebvre, maire du Grand Sudbury.

Faire bouger le centre-ville

Le maire du Grand Sudbury, Paul Lefebvre, a également salué l’arrivée de la SÉO dans le centre-ville.

Selon lui, ce projet s’inscrit dans une période de transformation importante pour le cœur urbain de la ville.

«Il y a beaucoup d’énergie et beaucoup de changements en cours au centre-ville, et la Place des Arts en est un élément clé», a-t-il déclaré.

Selon lui, l’arrivée de la SÉO vient renforcer cette dynamique en créant un lien direct entre culture, économie et développement communautaire.

Le maire a également souligné l’importance des programmes de la SÉO, notamment le programme Recrute Nord, qui vise à aider les entreprises à attirer des travailleurs qualifiés. «Le Programme pilote d’immigration dans les communautés francophones (PPICF) devient encore plus important pour que la société économique soit un partenaire dans notre ville de façon permanente avec les employés ici pour nous appuyer et assurer que c ‘est un succès pour tout le monde.»

«Ces initiatives sont particulièrement cruciales pour soutenir la croissance économique et favoriser l’établissement de nouveaux arrivants francophones dans la région.»