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le Mercredi 18 juin 2025 11:00 Éditorial

L’Iran comme cache-misère !

  Photo: Shutterstock
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Éditorial

L’Iran comme cache-misère !
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Dans leur guerre froide contre l’Union des républiques socialistes soviétiques (URSS) d’alors,des pays occidentaux, à leur tête les États-Unis, ont appuyé, armé et financé des groupes islamistes radicaux, notamment dans les années 1970. C’était pour faire tomber les régimes communistes. Une arme à double tranchant, puisque cela a grandement contribué à la naissance de dictatures religieuses. 

C’était le cas en Afghanistan. Entre 1979 et 1989, la CIA et les services spéciaux français avaient étroitement coopéré avec les moudjahidines (combattants de Dieu) dans le cadre d’une rébellion contre le gouvernement communiste pro-soviétique de l’Afghanistan. Des images documentées et appuyées par des témoignages d’agents spéciaux existent aujourd’hui, montrant des camps d’entraînement au Pakistan, un pays utilisé à l’époque comme base arrière par la CIA, pour cette opération nommée «Programme afghan». 

Des noms sinistres comme Ben Laden y figuraient déjà et tout le monde connaît la suite : cette opération a accouché, plus tard, du régime des talibans. 

Entre-temps, quand les forces soviétiques s’étaient retiré de l’Afghanistan, des moudjahidine à qui on avait ouvert la voie d’un peu partout dans le monde, ont dû rentrer dans leurs pays d’origine… avec toute l’expertise terroriste qu’il faut pour constituer des groupes radicaux et essayer de renverser les régimes en place, supprimer les Constitutions et instaurer des États islamiques. 

C’est ainsi que le terrorisme a sévi en Afrique, particulièrement en Afrique du Nord et dans la région du Sahel, à partir des années 1990, avant de s’étendre dans le Moyen-Orient. 

La France et les États-Unis ne figuraient certainement pas qu’un jour, ces mêmes moudjahidines ou leurs disciples se retourneront contre eux. 

Le retour d’ascenseur a donné pour résultat l’attentat meurtrier du 25 juillet 1995, à la station de métro de Saint-Michel, en France, et l’attentat du 11 septembre 2001 à New York. Il y en a eu plein d’autres depuis. 

Ce rappel historique est à croiser avec le début d’une guerre qu’on observe depuis quelques jours entre Israël et l’Iran, avec, bien entendu, l’appui des États-Unis. 

L’Iran, présenté comme une dictature religieuse, est géré par les Mollahs. Il se trouve que le fondateur de ce régime théocratique s’appelle Ayatollah Ruhollah Khomeini, un exilé de marque en France, entre 1978 et 1979. Avant son retour «triomphal» en Iran, il bénéficiait de la protection, mais aussi d’une couverture médiatique particulière en France, assurée par des médias occidentaux. Cherchons l’erreur… 

Si le terrorisme islamiste né de cette séquence sombre de l’histoire a replongé bien des régions du monde dans l’archaïsme et la sauvagerie du moyen âge, le bloc occidental ne semble pas, aujourd’hui encore, renoncer aux recettes géostratégiques improductives du passé. Puisqu’il vient encore d’apporter tout son soutien à un ancien terroriste, Ahmed al-Charaa, devenu chef d’État de la Syrie. Pour l’anecdote, les États-Unis avaient mis sur sa tête une prime de 10 millions $ en 2012. 

Mais pour revenir à l’Iran, la question se pose de la sorte : les États-Unis cherchent-ils vraiment à neutraliser une dictature religieuse pour le bien de l’humanité, en l’empêchant de compléter son programme nucléaire?

Ce que nous savons pour l’instant est que la guerre entre Israël et l’Iran a permis de détourner les regards sur le drame humanitaire qui se joue à Gaza et la révolte à Los Angeles, qui a nécessité le déploiement des Marines, contre le gré du gouverneur californien Gavin Newsom.