le Samedi 18 juillet 2026
le Mercredi 23 juillet 2025 11:00 Éditorial

La deuxième mort de la paix !

Le premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, remettant au président américain, Donald Trump, le dossier de sa nomination pour le Prix nobel de la paix. — Photo : Capture image.
Le premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu, remettant au président américain, Donald Trump, le dossier de sa nomination pour le Prix nobel de la paix.
Photo : Capture image.

Éditorial

La deuxième mort de la paix !
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Comme si les guerres meurtrières et les foyers de tension dans plusieurs régions du monde n’assombrissaient pas déjà assez l’horizon de l’humanité, pour venir achever le peu d’espoir qui gravite encore autour de la notion de paix et songer ainsi à en accorder le prix nobel… à celui qui la malmène depuis plusieurs mois : Donald Trump! 

 

Les paris lancés par le président des États Unis depuis son retour à la Maison Blanche, s’agissant du retour de la paix dans le monde, sont en train de fléchir un par un. Les récents événements meurtriers en Syrie notamment, où Israël a mené des frappes, renseignent sur des bouleversements majeurs à venir. 

 

En apportant sa caution et son soutien à un ancien terroriste intronisé à la tête de la Syrie, le président américain n’a visiblement pas mesuré la portée de son action dans le temps. Utiliser des factions islamistes autrefois proches de l’organisation terroriste Al Qaïda d’Oussama ben Laden pour déloger l’ancien président syrien Bachar al-Assad, allié des russes dans la région, est une arme à double tranchant. 

 

Moins de huit mois après leur installation, les hommes de Abou Mohammed al-Joulani, de son vrai nom Ahmed Hussein al-Chara, l’actuel président de transition de la Syrie, ont attaqué des populations minoritaires druzes, au sud du pays, et les images d’exactions, qui sont d’une sauvagerie inouie, laissent clairement apparaitre qu’entre autres mobile du crime figure la question de la confession religieuse. 

 

Et même si les parrains du président de transition affirment que leur poulain en Syrie n’est pas d’accord avec les actions de ses troupes, et que lui, travaille pour unir et assurer les droits de toutes les confessions, ces évènements nous éclairent au moins sur le fait qu’Ahmed Hussein al-Chara n’a pas la maitrise de ses hommes. 

 

En misant sur un ancien terroriste pour combattre le terrorisme, les États Unis ont, en quelque sorte, voulu éteindre le feu par le feu. Et comme si la violence n’était pas encore à son paroxysme, Israël a bombardé le bâtiment du ministère de la défense à Damas, la capitale syrienne, pour apporter son soutien à la minorité druze. 

 

Pendant ce temps, l’horreur se poursuit à Gaza, des frappes sont menées au Yémen, la Russie de Vladimir Poutine continue d’avancer et de conquérir des territoires en Ukraine et la Chine ne cesse de rapprocher l’échéance de sa reprise de Taïwan, c’est-à-dire l’envahir. 

 

En parallèle, l’Europe revoit son budget défense à la hausse et les membres de l’OTAN travaillent à atteindre les 5 % de leur PIB en termes d’achats militaires, tel qu’exigé par Donald Trump. Ce qui veut dire passer du simple au double, voire plus en termes d’armement. 

 

Et comble de l’ironie, la premier ministre israélien, Benyamin Netanyahou, arrive à la Maison Blanche avec le dossier de nomination de Donald Trump pour le prix Nobel de la paix. Comme s’il fallait infliger une deuxième mort à la paix, maintenant que le droit international est complètement foulé au sol et que la force, c’est à dire la loi de la jungle, est érigée en règle absolue.  

 

Tout cela pour dire que la géopolitique est une affaire trop sérieuse pour la confier à des apprentis sorciers qui pensent que les négociations pour éteindre le feu de la guerre dans le monde peuvent être menées de la même manière qu’on fait grimper des actions en bourse ou qu’on s’affaire dans l’immobilier de luxe. 

 

Les professionnels de la politique, de la diplomatie, du droit et de la justice doivent retrouver leur place.