le Samedi 18 juillet 2026
le Mercredi 3 septembre 2025 11:00 Éditorial

La symbolique de la Seconde Guerre mondiale

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Éditorial

La symbolique de la Seconde Guerre mondiale
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Au sortir de la Seconde Guerre mondiale, le monde dit occidental a su s’approprier la victoire contre le nazisme et ses prolongements; l’Italie fasciste de Benito Mussolini et le Japon militariste et ultranationaliste de l’empereur Hirohito. 

Avec la naissance, en 1945, de l’Organisation des Nations Unies (ONU), dont la charte de San Francisco définit et codifie les grands principes des relations internationales, et l’adoption par son Assemblée générale de la Déclaration universelle des droits de l’homme en 1948, les États-Unis et leurs alliés européens ont pu, peu à peu, donner à l’Occident cette image d’un monde libre et démocratique où règnent les grands principes de paix et de justice. 

En face, des dictatures, ayant pour locomotive l’Union des républiques socialistes soviétiques (URSS) et plus tard la Russie de Vladimir Poutine, la Corée du Nord de Kim Jong Un, la Chine de Xi Jinping, l’Inde de Narendra Modi et l’Iran des Khomeini, pour ne citer que ceux-là, faisaient contraste, avec un monde plutôt sombre et peu adepte des vertus démocratiques. 

Si, cependant, l’Occident a multiplié les erreurs stratégiques durant au moins les deux dernières décennies, avec notamment la guerre en Irak et l’intervention en Libye, créant des précédents en matière de violation du droit international, le retour de Donald Trump à la tête des États-Unis, depuis janvier 2025, est en passe de déconstruire tout le narratif d’un monde occidental civilisé et juste. 

Les accords qu’il est en passe de conclure avec la Russie de Poutine, au détriment de la souveraineté de l’Ukraine, et l’appui inconditionnel dont il fait montre envers le gouvernement israélien de Netanyahu, au grand malheur d’une population palestinienne meurtrie, affamée et dépossédée de ses terres, constituent de graves cicatrices dans la face de l’ordre mondial jusque-là établi. Et il sera difficile de les réparer. 

Car, il y en a qui ne manquent pas déjà d’annoncer la fin de la primauté du monde occidental, tout en lui opposant un nouvel ordre mondial, dont les promoteurs, la Chine, la Russie, la Corée du Nord, l’Inde, la Turquie, l’Iran… ne s’estiment pas pires que les États-Unis de Donald Trump. 

Et le Sud global les croit et commence à adhérer à leur narratif.

Le 25e sommet de l’Organisation de coopération de Shanghai (OCS), qui s’est tenu du 31 août au 1er septembre 2025 à Tianjin, en Chine, et qui a réuni une vingtaine de dirigeants, fait partie des prémices de cette nouvelle ère dans les relations internationales. 

L’OCS, qui représente 43 % de la population mondiale et 23,5 % du PIB (Produit intérieur brut) de la planète, veut accélérer la création d’une banque de développement, sur insistance de la Chine. 

Fait à ne pas négliger, lors de ce sommet, est le défilé militaire chinois célébrant, en compagnie des Poutine, Kim Jong et Modi la fin de la Seconde Guerre mondiale et la capitulation du Japon, qui avait occupé la Chine. À rappeler qu’en mai 2025, le président chinois avait assisté, en Russie, à la parade militaire commémorant les 80 ans de la victoire contre l’Allemagne nazie.

Sur le plan de la symbolique, la manœuvre est on ne peut plus claire : récupérer les attributs de la fin de la Seconde Guerre mondiale. 

Pendant ce temps, les États-Unis de Donald Trump continuent de tourner le dos à leurs alliés naturels, participant ainsi à les diviser, les fragiliser et à se fragiliser eux-mêmes. 

Le Canada comme l’Europe semblent conscients que les agissements de Donald Trump sont plus à même de rendre plutôt la Chine et la Russie «Great Again». C’est pour cela qu’ils ont raison de protester, comme ils viennent de le faire contre le refus de l’administration Trump d’octroyer des visas à la délégation palestinienne, en vue de sa participation à la 80e Assemblée générale des Nations Unies, qui se tient du 9 au 23 septembre, à New York. Ce renoncement des États-Unis à leurs obligations internationales ne manquera pas d’ajouter des cordes dans l’arc de la Chine et compagnie.