le Samedi 18 juillet 2026
le Mercredi 24 septembre 2025 11:00 Éditorial

La cause palestinienne n’est pas perdue

Éditorial

La cause palestinienne n’est pas perdue
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Dimanche dernier, le Canada a finalement reconnu l’État palestinien, à la veille de l’Assemblée générale des Nations-Unies. Il rejoint ainsi la Grande-Bretagne, l’Australie et le Portugal qui ont posé le même geste, durant la même journée. Et lundi, la France a joint sa voix à celles de leurs collègues occidentaux pour enfin reconnaître la Palestine en tant qu’État. Ces gestes signifient que 147 des 193 pays membres des Nations-Unies reconnaissent dorénavant la Palestine comme un État. Le fait que la France et la Grande-Bretagne posent ce geste signifie que quatre des cinq gouvernements membres permanents du Conseil de sécurité de l’ONU, avec la Chine et la Russie, reconnaissent maintenant la Palestine comme État. Seuls les États-Unis, qui détiennent toutefois un vote de véto au Conseil de sécurité, résistent farouchement à se prononcer en faveur de cette reconnaissance.

Il est possible d’arguer que ces gestes de la part de ces États de l’Occident parviennent trop tard, puisque l’Israël a déjà détruit la grande majorité des édifices de Gaza, tué plus de 65 000 citoyens de Gaza dont les deux-tiers sont des femmes et des enfants et, de plus, est en train d’occuper des grands secteurs de la Cisjordanie, la deuxième partie de l’État palestinien potentiel. Sans compter que l’Autorité palestinienne, sous la présidence de Mahmoud Abbas, est presque réduite à l’obsolescence, n’ayant le contrôle théorique que de la Cisjordanie, puisque le Hamas est l’autorité élue à Gaza. 

Aussi longtemps que les États-Unis demeureront un allié incontournable d’Israël, la possibilité que la Palestine devienne un État indépendant demeure une réalité bien lointaine. Que ce soient les Républicains ou les Démocrates au pouvoir, les deux partis jurent une fidélité aveugle à l’État israélien surtout qu’ils fournissent à ce dernier toutes les armes meurtrières dont il a besoin pour poursuivre sa vengeance contre le Hamas et semer la terreur dans les États arabes voisins. Et ces États, sauf quelques exceptions, ont gardé le silence jusqu’ici face aux atrocités israéliennes se rendant ainsi presque complices d’Israël.

Toutefois, la cause ne demeure pas complètement perdue. Le fait de reconnaître la Palestine comme État signifie que le Canada et les autres pays qui ont posé ce geste peuvent établir des relations diplomatiques directes avec la Palestine, sans doute, dans ce cas, avec l’Autorité palestinienne. La Palestine obtient aussi le droit d’être reconnue comme ayant une autonomie gouvernementale. De plus, la Commission d’enquête indépendante des Nations-Unies a jugé, la semaine dernière, qu’Israël avait commis le crime de génocide contre les Palestiniens de Gaza et de Jérusalem-Est. Elle a reconnu que l’État d’Israël était responsable de quatre des cinq actes qui ont été jugés des génocides par la Convention sur la prévention et la punition des crimes de génocide en 1948.

Donc le geste du Canada, dimanche dernier, est certes bienvenu. Puisse-t-il maintenant, accompagné des autres gouvernements de l’Occident surtout, poser des gestes concrets qui viendront en aide aux Palestiniens victimes de génocide.